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Club des Piranhas de Dieppe club labellisé FFTRI depuis 2004 / école de triathlon 3 étoiles
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ERIC RUBERT
1 avril 2019
CELINE PETIT: "J’AIME LA BIERE ET LE FROMAGE "

CELINE PETIT: "J’AIME LA BIERE ET LE FROMAGE "

Un jeudi soir de décembre. Il gèle. Une petite lumière arrive à notre rendez-vous. Céline Petit pose son vélo. Le bonnet et l’écharpe enlevés, c’est un large et beau sourire qui vous dit bonjour. « Tout va bien » dit elle d’emblée. Il y a pourtant quatre jours, Céline adhérente de la section Trail des Piranhas, achevait dans la nuit venteuse et pluvieuse de Beuzeville-la-Grenier, son premier ultra trail de 82 KM, le « Tour du Canton », un trail « un rien difficile » comme elle le définit en bonne polletaise qu’elle n’est pas. Une course qu’elle a achevée 2ème féminine et 14 ème au scratch sur 250 participants en 8 H 37. De quoi expliquer son large et beau sourire mais pas que. Car de douleurs, de courbatures, pratiquement aucune trace aujourd’hui mais par contre des étoiles pleins les yeux d’avoir réalisé son plus long parcours. Céline court par plaisir, et uniquement par plaisir à la recherche de la sensation de bien être que procurent le dépassement de soi, la joie de courir le long de la mer ou sur le port de Dieppe qu’elle a adopté, dont elle avoue être tombée amoureuse et qu’elle « aurait du mal à quitter. La mer me manquerait ». Une affirmation que confirment les nombreuses photos publiées sur son compte Facebook où transparaissent le goût de la lumière normande et de sa proximité maritime.

UNE DECOUVERTE TARDIVE AIDEE PAR LES PIRANHAS.Pourtant rien ne la prédisposait à cette pratique de la course à pied. Professeur d’anglais, originaire de Clermont Ferrand, sa première nomination l’amena en 2011 à Rouen puis à Dieppe en 2012 où elle habite depuis trois ans. Céline n’est pas née avec des pointes autour du cou. C’est plutôt un justaucorps de gymnase qui l’a accompagnée pendant 16 ans, une pratique qui explique certainement en partie une foulée souple, puissante, gainée par des exercices au sol. Cette foulée limpide qui transparait sur toutes les photos, elle ne l’a pas travaillée outre mesure car elle est venue à la course à pied en cherchant une activité sportive nouvelle. « Les Piranhas » m’ont semblé rapidement une évidence par leur activité et leur image jeune. Je n’ai jamais ressenti le caractère élitiste que certains craignent. Au contraire. ». Aujourd’hui, même si elle s’en défend elle est devenue un des éléments les plus connus de la section de Trail que pilote Clément Lefrançois. N’allez surtout pas lui dire pour autant qu’elle est une championne car elle évoquera alors des noms d’autres féminines (à la vérité, elles ne sont pas nombreuses) plus fortes qu’elle. Pourtant dans la région, et même bien au delà, lorsque la distance s’allonge et dépasse allègrement les 10 kms, peu de coureurs peuvent suivre sa foulée. Quand on évoque devant elle les gênes et que des études physiologiques démontrent que 80 % des capacités physiques sont innées, elle ouvre des grands yeux, surprise, précisant que ses parents n’étaient pas de grands sportifs, « sportifs du dimanche plutôt ». Et l’on se dit alors que l’on découvre peut être un secret majeur de sa réussite sportive: Céline ne se prend pas la tête. « J’aime courir. Cela me vide la tête mais je n’ai pas envie d’intellectualiser ma pratique ».

UN CARDIO? VOUS AVEZ CELA VOUS ?

Alors pas de plan d’entrainement, pas de capteur de fréquence cardiaque (« vous avez cela vous ? »), une montre GPS depuis seulement un an et demi (« je sais maintenant que je fais trois ou quatre sorties par semaine pour 35 à 40 kms), une VMA passée il y’a trois ou quatre ans environ (« je n’étais pas là les années suivantes »), pas de fractionnés: « je cours à la sensation en mode footing et je varie mes distances en fonction des objectifs ». Des propos capables de faire avaler leur chronomètre à tous les entraineurs de France mais réjouissants par leur fraicheur et qui dénotent dans un monde de compétition ultra rationalisé la possibilité de faire des performances avec comme moteur le simple plaisir: « je ne veux pas que cela devienne une corvée ou empiète sur mes projets de vacances par exemple. Et si j’ai envie de sauter une séance d’entrainement, je ne la fais pas ». Une sagesse qui explique aussi en partie la capacité de Céline à enchainer les épreuves au long cours sans blessure. Fin octobre elle réalise, pour son deuxième marathon à Dublin, sa meilleure performance en 3H15, battant son chrono parisien établi en avril de 3H21 et enchaine sur le 82 KM, sept semaines plus tard. Bien loin est le temps des préceptes: un marathon par an, deux maximum. Un autre temps où l’on interdisait d’ailleurs aux femmes de courir le marathon.

LE PREMIER CENT BORNES: UN REVE BIENTOT REALITE.

Des livres de conseils, des plannings, Céline n’en a cure. Elle a simplement envie de courir « plus loin, plutôt que plus vite ». Sans négliger la joie du podium cependant. La plus haute marche du trail de 52 kms des « Gendarmes et Voleurs » dans le Limousin, lui a ouvert de nouvelles perspectives. « Là, compte tenu de la participation nationale relevée j’ai vu que je pouvais envisager de belles choses. C’est mon plus beau souvenir de course ». Compétitrice dans l’âme, « on se prend facilement au jeu », elle rêve pourtant moins de titres que de franchir son premier « 100 Kms » cette barrière mythique chez les traileurs. On se dit, en voyant son attitude que l’idée est proche de se réaliser, « je me suis inscrite sur le 82 KM sur un coup de tête et finalement cela s’est bien passé malgré le mode Warrior ». Il est certain que les ambitions pour l’année 2019 vont être revues à la hausse et l’inscription déjà effectuée pour le Trail des Volcans à Volvic sur 42 bornes va peut -être se transformer en inscription pour le 110 kms (*). On imagine alors que les rêves ultimes vont se réaliser plus tôt que prévu: le mythique Ultra Trail du Mont Blanc et plus encore la Diagonale des Fous. Des mots, des mythes qui la font réagir et monter l’adrénaline.

Ne lui parlez pas pour autant de souffrances, de courses surhumaines. Elle vous regardera d’un oeil ébahi, avec cet éternel sourire qu’elle vous adresse même en course quand vous l’encouragez sur la Piranhas Bleue alors qu’elle n’est pas au top, sur une distance trop courte pour être la sienne. Lorsque vous regardez les photos du marathon de Paris, elle arbore toujours cette joie de courir, de partager et sincère elle vous précise: « J’ai vécu le marathon de Paris comme une fête ». Toutes les photos de compétition la montrent heureuse, les doigts en V en signe de victoire. Jamais un rictus de souffrance.

Ses dons naturels l’aident incontestablement mais elle ne veut pas les utiliser au delà de certaines limites: « les courses sur route permettent de se jauger en termes de temps, de voir ses progrès », mais pas question pour autant d’aller sur piste, ou vers le triathlon. « Cette discipline demande trop de temps d’entrainement, trop d’investissement ». Comme les courtes distances qui ne lui conviennent pas, procurant une souffrance trop immédiate, laissant peu de place à l’environnement, au paysage, à cette gestion de l’effort qui l’accompagne en permanence.

« Il y a déjà trop de contraintes dans la vie quotidienne pour ne pas en rajouter avec une activité que l’on réalise pour son plaisir: j’aime la bière et le fromage et j’en profite ». Kilian Jornet le plus grand traileur espagnol écrit dans la préface du célèbre livre « Born to Run »: «Pourquoi courons-nous? Pour moi la réponse la plus évidente est: pour être heureux». Alors appliquant sans le savoir le précepte du coureur mythique, Céline a remis simplement son bonnet, ses gants. Elle est remontée sur son vélo qui ne la quitte guère et est repartie dans la nuit. De dos des lumières rouges clignotantes scintillent. De face, on est certains qu’elle éclaire la route de son sourire permanent et qui semble dire « il faut se faire plaisir avant tout ». Bonne route Céline et beaucoup, beaucoup de plaisir.

Eric Rubert

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