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Club des Piranhas de Dieppe club labellisé FFTRI depuis 2004 / école de triathlon 3 étoiles
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Eric RUBERT
12 novembre 2021
Une sortie vélo adultes du samedi. (2/2)

Une sortie vélo adultes du samedi. (2/2)

Résumé de l’épisode précédent: Nos cyclos sont sortis de Dieppe et approchent d’une bosse.

On remonte le peloton car en l’absence de Noémie, c’est un grand costaud qui est devant. On n’a guère entendu sa voix mais il roule, roule sans se retourner. une fois même du côté de Criel il a du parcourir quatre ou cinq kilomètres seul, avant de s’apercevoir que le groupe s’était arrêté pour une crevaison. Responsable à la ville de Dieppe, Laurent, c’est son nom, mais on ne peut lui accoler le qualificatif péjoratif de « Laurent le Second », lui qui roule toujours en première ligne, doit préparer dans sa tête des projets communaux. Il est vrai qu’une ville où un immeuble du centre s’efface tout seul, ne doit pas être fréquente. Alors il appuie, il appuie sur sa belle machine noire, écrasant tout sur son passage, les soucis professionnels comme les pédales. Vous le reconnaitrez facilement: il est vêtu à 100% de la tenue Piranhas. Il est noir et blanc. Comme sa barbe naissante.

« A droite » clame Valentin. « Ce n’est pas le parcours! » crient une dizaine de cyclos. « Cela commence ainsi et ça finit n’importe comment! ». Rien à faire, l’entraineur qui régule l’allure, quel bazar quand il n’est pas là, a toujours raison. On freine, on râle mais on vire à droite. Et on monte. Pas de vraies sorties sans montée. Sans montées. Ça piaffe, ça cafouille du dérailleur mais ça se déhanche. C’est l’occasion de se jauger, d’expulser la fatigue de la semaine et … de montrer au voisin qu’on s’est bien entrainé.

« Eh oui tu es derrière ! Oh zut, elle est devant! Et lui qui faisait le fier sur le plat, moins glorieux en bosse. J’ai bien fait de me protéger sur le plat. Et puis je me réserve. On finit par Pourville. C’est là qu’il faudra éclabousser le groupe de sa classe ».

Tiens, il y’en a deux qui roulent côte à côte, ils ne se quittent pas. On dit que c’est le père et le fils et qu’ils viennent de terminer un tri, format IronMan. Ils récupèrent d’un genou mal en point, d’une fatigue générale mais ils grimpent quand même sacrément bien pour des usagers usagés. Leur pédalée est douce, légère comme leur caractère. Même quand ils vous font mal, quand le moins jeune met les mains sur son prolongateur, on n’a pas envie de leur crier dessus. Un mur de gentillesse pour le père que l’on appelle Fredo, le moelleux d’un gâteau pour le fils qui s’appelle Simon. Le premier est maçon. Le second est pâtissier. Ceci explique cela. Vous profitez d’eux toute l’année car il sont rarement absents et Simon assure même les sorties rapides du mercredi avec les jeunes après avoir démoulé ses derniers flans altifagiens. On aime les avoir comme compagnons de route.

C’est vrai qu’elle est difficile cette côte. Heureusement certains qui tiraient du braquet sur le plat font moins le fier. Chacun son tour. Le coach par contre il pourrait presque pousser tout le monde. Le grand sur son vélo noir et vert, il a l’air de le titiller et d’oublier ceux qui sont derrière lui. Peut être un début d’explication. En haut chacun s’attend. C’est incroyable comme deux kilomètres à 5% cela fait des écarts. Il y’a les rouleurs aux mollets gros comme des cuisses, les voltigeurs comme Baptiste qui n’ont à porter que leur squelette, ceux que l’on ne voit qu’occasionnellement comme Zaza , Maxime ou Frank et dont on est heureux d’avoir des nouvelles. Et puis il y’a Thibault. On aime rouler derrière lui. Carré comme un parpaing de Fredo, heureux comme un enfant quand il sort depuis des années le mercredi avec les jeunes. Formidable nageur, on ne pédale pas derrière lui, on est aspiré, protégé du vent, des embruns. Vous pédalez derrière un menhir et vous admirez le vélo qui supporte cette puissance depuis des années. Aucun rapport avec sa stature mais si vous avez besoin d’un bonne adresse pour un restau, Thibault est votre homme. Le Colombier d’Offranville est sa cantine. La gentillesse, sa demeure.

Après la côte, le plat permet de reprendre ses esprits. Lorsque le vent est de la partie, comme aujourd’hui, on se resserre. Le peloton devient cocon. Le groupe se transforme alors, parfois, en cabinet de psychiatre. La selle devient divan et on se confie. Le cycle de la vie, les effets du bénévolat, l’évocation d’une enfance pauvre, le rapport à l’argent, autant de sujets dont on se dit que l’on aurait peu l’occasion de partager dans la vie courante. On se dévoile un peu, on parle de choses sérieuses. Ou légères. C’est selon, la vitesse, la météo, l’envie, le parcours. Mais attention, le grand maigre au vélo vert a repris la tête. Ça rechigne. Je commence à comprendre les réflexions du départ. « Oh non pas lui! ».

Devant nous un cyclo fait du crawl. Allongé sur sa machine, sans prolongateur pourtant, il semble vouloir toucher du bout des doigts le mur pour virer. Patrick, c’est de lui qu’il s’agit, est reconnaissable de très loin. Profilé, la tête dans les épaules, il avance comme un requin au milieu des coraux. Son vélo est bleu. Normal pour un nageur sur deux roues. On accélère, on ralentit. On accélère de nouveau. Puis on ralentit. Aucun doute, même les yeux fermés, on sait. Mickaël est en tête. Derrière lui Laurent est en train de calculer sa moyenne. Avec et sans sortie de Dieppe. « 28 c’est pas mal » (la sortie de Dieppe incluse).

On n’abandonne personne et dans la descente de Pourville le géant vert se retourne, soucieux du groupe. Sous des apparences trompeuses, l’équipe est soudée, uniquement préoccupée de rouler ensemble, de partager ces deux ou trois heures le samedi après-midi. Certains ont même modifier leurs habitudes hebdomadaires pour privilégier ces moments de convivialité.

Brusquement la lumière perce de beaux nuages. A Pourville, la mer étincelle comme un feuillage d’automne. Dans la descente, le Président déclare que « quand même on habite une belle région ». Il reste quelques virages à grimper et chacun va rentrer chez lui, heureux de sa sortie. Pas de performances, ni d’exploits. Une belle balade tout simplement. On arrive au golf. Le géant vert a emmené tout le monde avec lui, se retournant souvent pour ne lâcher personne. Finalement c’est bien qu’il soit là. Il s’appelle Pierre. Il est sacrément sympa. On le voit de loin. Comme un phare.

A samedi prochain.

Eric.

PS: Toute ressemblance avec ………

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